Nous sommes dans l'ère de l'ultra présence, de l'ultra connexion, de l'ultra disponibilité, de l'ultra sociabilité digitale. Le cerveau ne débranche jamais. Lorsque le silence devient un luxe, le calme un souvenir, ou l’autre un supplice, il est bon de retrouver ou de découvrir le plaisir de l'absence. 

 

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La sensation de  « ne plus être là » sans que quiconque ne sache ou l'on est ni comment nous joindre. Disparaître ne serais ce que quelques heures. Ne plus exister aux yeux de qui que ce soit. Ne plus parler. Ne plus écouter. Ne plus interagir. Ne plus s’abimer la nuque et les vertèbres à force d’avoir la tête baissée, les yeux vissés sur son smartphone. S’abandonner au bonheur de la flânerie. Sans but, sans objectif, sans intention. Marcher encore et encore sans argent dans les poches, afin que la douce flânerie ne se transforme pas en une séance de shopping compulsive improvisée.

 

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S’inscrire dans ce que Baudrillard appellait « une esthétique de la disparition » permet un regard plus distancié sur les choses qui nous entourent, que l’on parvient ainsi à regarder comme un spectateur discret s’offrant une déambulation ludique et onirique.  Le "moi" se faisant plus discret, le "je" laisse ainsi la place au jeu : fermer les yeux en pleine rue en s’amusant à identifier les cinq premiers bruits qui nous parviennent et puis refaire la même choses quelques rues plus loin ; compter ses pas, siffloter puis s’arrêter devant ce que l’on ne prend plus le temps de regarder et qui pourtant chaque jour s’offre à notre regard. Se perdre, puis retrouver son chemin pour mieux revenir vers ses obligations mais délesté ne serait-ce qu’un temps de toute pression et prendre le plaisir de répondre avec un sourire détendu  : « Quelque part » à ceux qui vous demanderont :  « T’étais où ? »