Le bien être n’est pas une obligation

Le bien être n’est pas une obligation

Qu'elle soit physique, mentale ou spirituelle, la recherche du bien être individuel a parfois tendance à devenir une quête narcissique et obsessionnelle. Les maîtres spirituels considèrent que cette recherche n’a de sens que si elle est tournée vers les autres, ce qui hélas est rarement le cas. Sans empathie, sans altruisme, elle a de grandes chances de tourner en rond.

On ne compte plus le nombre de coach et d’influenceurs autoproclamés "experts" qui dispensent leurs conseils, leurs recettes, leurs affirmations, leurs et leurs injonctions sur internet, dans les livres et les médias. Les marchand de bien être nous invitent à nous perdre dans un folklore stérile : séances de découverte de ses chakras, cours de tricot thérapeutique ou atelier poterie pour se reconnecter à…On ne sait plus trop quoi finalement. 


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Là où jadis on allait voir son médecin lorsqu’on se sentait vraiment mal, de plus en plus nombreux(ses) sont celles et ceux qui ont entre 2 à 3 rendez-vous par mois avec leur psy, leur sophrologue, leur naturopathe, leur ostéopathe ou leur hypnotiseur alors qu’ils ou elles vont plutôt bien. Dans cette quête frénétique du bien être, l’alimentation est désormais davantage pratiquée comme une nutrithérapie hygiéniste que comme un ensemble de pratiques simples, peu onéreuses et profitables. Le yoga ,qui désormais est aussi devenu "facial", sans que l'on comprenne très bien pourquoi est davantage pratiqué comme une gymnastique un peu spectaculaire que comme une discipline spirituelle avant tout basée sur la respiration. On oublie que cette pratique ancestrale a existé bien avant que de jeunes et jolies femmes se tiennent en équilibre sur la tête devant un coucher de soleil. Le sport est devenu une pratique de plus en plus individuelle axée avant tout sur la performance, le dépassement de soi permanent et le contrôle de bénéfices immédiats affichés sur des montres connectées. Les salles de crossfit dans lesquelles on vient conquérir un bien être physique à marche forcée ne désemplissent pas 

 

Ainsi semble se dessiner une forme de tyrannie du bien être, allant de pair avec la tyrannie de la beauté qui nous éloigne des effets et des bénéfices recherchés et qui prend la forme d’une course folle, d’une fuite en avant générant trop souvent de la culpabilité et une forme de « frustration de l’attente ».

Des expressions ou des concepts comme le « lâcher prise », la « pleine conscience » ou le « recentrage » sont trop souvent utilisés sans que nous ayons la moindre idée de ce qu'ils signifient véritablement. De routines en rituels dont la plupart sont souvent égotiques et vides de sens, nos semaines sont rythmées par des pensées et des pratiques qui au lieu de nous révéler et de nous ouvrir aux autres nous enferment sur nous même. 

Or il y a peu de chance que ce soit dans la frénésie, dans l’obsession et dans l’entêtement que l’on trouve le bien être qui, de surcroît, tout comme le bonheur, est une notion très subjective. 

Le bien être d’Amandine n’est pas celui de Benoit et le bonheur des uns, ne fait pas toujours celui des autres.


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Il est peut être nécessaire de faire une pause pour se demander si nous ne faisons pas fausse route. Peut être est-il judicieux d'écouter Gen Chitta, religieuse bouddhiste, lorsqu'elle nous invite à tout simplement commencer par prendre du recul. : « Il n’y a pas besoin que cela soit élaboré ou parfait. La pratique (NDLR de la méditation ou de tout travail sur soi) est une série de répétitions imparfaites. Oubliez vos attentes et arrêtez d’essayer d’obtenir des résultats, car cela nuit à l’expérience. Il est également important de pratiquer l’acceptation au quotidien, ce qui veut dire arrêter de vouloir que les choses soient différentes de ce qu’elles sont. Au lieu d’avoir des pensées négatives, de vous dire que vous n’êtes pas assez bien, que les autres ne sont pas assez bons ou que les choses ne se passent pas comme vous le voulez, décidez que cela n’a pas d’importance ou une importance toute relative. Vous créerez ainsi de l’espace dans votre esprit pour être plus attentionné envers les autres, ce qui aura des répercussions positives sur votre famille, vos amis, vos partenaires, vos collègues, votre communauté. Pensez à ces personnes lorsque vous vous concentrez sur votre respiration et souhaitez leur du bien. Cela peut être un des rituels les plus puissant qui soit. »


 
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